La fortune suisse des casinos français

Vendredi 25 mai 2007

Partouche veut racheter l'intégralité du capital de ses deux casinos en Suisse. L'opération devrait être conclue d'ici à la fin de l'année.

Partouche prépare le rachat de 60 % du capital du casino suisse de Meyrin et de 23 % de celui de Crans-Montana qu'il ne détient pas encore, vient d'annoncer Ari Sebag, directeur général de Partouche. Ces blocs de titres sont entre les mains d'Isidor Partouche, le fondateur du groupe éponyme. L'opération devrait être conclue d'ici à la fin de l'année.

Si le premier exploitant de casinos en France veut se renforcer dans ses filiales suisses, c'est pour profiter pleinement du dynamisme du marché helvétique des jeux. Les six casinos exploités en Suisse par Partouche (Meyrin et Crans-Montana), Barrière (Montreux, Courrendin et Granges-Paccot) et Tranchant (Bâle) sont souvent plus rentables que ceux exploités en France. En effet, la demande de jeux est beaucoup plus forte en Suisse qu'en France, souligne Gilles Meillet, responsable en Suisse pour le groupe Barrière. L'an passé, le produit brut des jeux (mesure de l'activité des casinos) a progressé de 9, 2 %, à 577 millions d'euros, et les bénéfices des 17 casinos ont bondi de 26, 7 %, à 70, 7 millions d'euros. Rien à voir avec la stagnation durable de l'activité en France accompagnée d'une érosion des marges. De plus, la concurrence entre les établissements et l'évolution de l'offre est encadrée puisque la Suisse vient de geler le nombre d'établissements pour les trois ans à venir. Un statu quo qui n'empêche pas les projets d'agrandissements. Tranchant projette ainsi de doubler la superficie de son casino de Bâle après avoir fini la construction d'un hôtel de 160 chambres qui sera inauguré en juin. Cet établissement dispose de la précieuse licence A qui n'impose aucune limite au parc de machines à sous.

La situation en Suisse semble donc idyllique pour l'industrie du jeu, à une exception, plutôt inattendue dans ce pays, la fiscalité du secteur. Le taux de prélèvement moyen de 51, 9 % y est légèrement inférieur à la France (le taux de prélèvement ressort à 55, 7 % en 2006 pour Partouche). Mais, au-delà de 100 millions de francs suisses (soit 60, 5 millions d'euros) d'activité, chaque million est taxé à hauteur de 80 % ! Un taux " confiscatoire ", selon les professionnels, qui estiment ne pas pouvoir engager d'investissements dans ces conditions.

(source : latribune.fr/HÉLÉNA DUPUY )


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