Le belge Ardent prend 44% du Casino de Davos

Vendredi 1 juin 2018

Un petit Wallon qui investit dans un casino suisse, cela n’arrive pas tous les jours. C’est pourtant l’opération que vient de négocier avec succès le groupe liégeois Ardent. Reste une hypothèque: le résultat du référendum du 10 juin.

Le groupe Ardent (anciennement Circus) ne cesse de grandir. L’exploitant des casinos de Namur et de Spa, qui s’est également beaucoup investi dans l’activité en ligne, vient d’acquérir une participation de 44% dans un casino suisse. Et pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit du casino de Davos, la cité célèbre pour l’accueil qu’elle réserve annuellement au Forum économique mondial.

Concrètement, Ardent a payé un peu plus de 2 millions d’euros pour racheter 44% du casino à la société Stadtcasino Baden. Cette dernière conserve 45% du capital, tandis que le solde est aux mains de la communauté locale via l’Organisation touristique de Davos. Le groupe belge a par ailleurs obtenu l’agrément auprès de la commission des jeux suisse. Annoncée par la presse suisse, l’information nous est confirmée par Emmanuel Mewissen et Nicolas Léonard, respectivement CEO et CFO du groupe Ardent.

Cet investissement intervient à un moment charnière pour le pays. Il faut savoir que la Suisse se prépare à adopter un modèle proche du belge pour réglementer, sur son territoire, l’activité des casinos en ligne. En gros, l’activité en ligne sera autorisée, mais réservée aux opérateurs des casinos "physiques" suisses. Les sites en ligne étrangers seront bloqués via les "services providers" du net.

Cette réforme du marché va toutefois être soumise à référendum: celui-ci aura lieu le 10 juin prochain. Si le vote de la population s’avère positif, Ardent et Stadtcasino Baden pourront déployer leur partenariat au départ du casino de Davos. En revanche s’il s’avère négatif, la réforme devra repasser par le Parlement de la confédération, qui sera amenée à revoir sa copie, ce qui prendra d’office du temps. En ce cas, il est vraisemblable que le partenariat devienne caduc; Ardent a négocié des clauses lui permettant de dénouer l’accord en pareille circonstance, nous dit-on. Ceci dit, les pronostics des experts tablent sur la victoire du "oui" au référendum.

Si Ardent a été accueilli à bras ouverts par les exploitants suisses, c’est en raison de l’expertise qu’il a engrangée dans la gestion des deux formes d’activité, en ligne et en dur. "Notre modèle est omnicanal, commente Emmanuel Mewissen, le CEO d’Ardent. Nous utilisons les casinos physiques pour déployer une activité en ligne et nous utilisons le online pour pérenniser nos casinos physiques. Exactement comme le font les commerçants qui ‘montent’sur internet. Nous sécurisons en somme la clientèle de notre activité réelle via le développement de celle en ligne."

Autres deals en vue

Il ajoute que son groupe "vend un concept de jeux complet" et qu’il recherche "de vrais partenariats" à l’étranger. Sous-entendu: ce nouveau mouvement en Suisse ne sera pas le dernier que mènera le groupe à l’international. D’autres opérateurs étrangers lorgnent le modèle belge et ceux qui l’appliquent le mieux.

"La Suisse est une belle opportunité car c’est un énorme marché. D’où l’intérêt de s’y intéresser assez tôt. C’est une bonne manière d’élargir le business et de conforter notre réputation." (Emmanuel Mewissen, CEO d'Ardent)

(source : lecho.be/MICHEL LAUWERS)


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